Le fabuleux voyage d’Ibn Battuta, 1325-1354

James Rumford
Syros, 2002

A une époque où la terre est encore plate et les contours du monde incertains, à une époque où lorsqu’on part de chez soi, on n’a aucune idée de ce que le voyage nous reservera, Ibn Battuta (1304-1369) a été jusqu’au bout des chemins connus, « plus loin encore que dans ses rêves d’enfant ». D’Ouest en Est, il a voyagé pendant trente ans, pour revenir dans son pays natal après d’incroyables périples.

« Ibn Battuta revint chez lui enrichi non pas de pièces d’or ou de pierres précieuses, mais de ce qui fait la richesse du voyageur : sa mémoire ».
« Voyager vous laisse sans voix, puis fait de vous un conteur » : le récit de ses voyages a été mis par écrit par le secrétaire du roi Ibn Djuzayy. Ce manuscrit est conservé aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale de France ; le texte de James Rumford en est une adaptation.
Bien documenté au niveau du texte, c’est un album d’une belle exigence esthétique par le format, par l’illustration et par la mise en page.

Texte et illustrations se font face sur une double page, chacun dans sa cartouche propre. Dans les cadres des cartouches, des informations plus factuelles ; en dehors des cadres, on sort du rationnel, le texte s’envole, non linéaire, court à travers les pages et rend compte de façon plus intuitive de l’espace mental du voyage : enthousiasmes, attentes, états-d’âme… le tout se rapprochant d’une ambiance de récit oral.
Côté illustration aussi, en dehors de la cartouche l’image se fait décor, les textes calligraphiés deviennent à leur tour image.

« Voyager vous offre mille et une destinées et donne des ailes à votre coeur ».

Exotisme géographique mais surtout dépaysement mental : le texte nous plonge dans une vision du monde où espace et temps ont une dimension toute autre que celle qu’on connaît aujourd’hui. L’illustration a du souffle, s’accorde bien avec le texte et rend compte de la grandeur des paysages, de la beauté des rencontres.

« Je voudrai tant partir comme toi, voir les choses que tu as vues – lui dit un jour un enfant – Tu le peux, lui répondit le vieux voyageur, le visage rayonnant. Pour voyager…il suffit de faire le premier pas ».

Un petit bijou habillé de doré, un rêve d’Orient interprété à l’occidentale.

Disponibilité

Alessandra

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